Sang et lumière

Collection : L'instant ciné

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Le récent succès international de certains de nos films n’y change rien : des documentaires « missionnaires » de Tessier et Proulx aux grandes œuvres contemporaines, en passant par les films de fiction des réalisateurs associés à l’ONF, le cinéma québécois poursuit un chemin continu dont on peut dégager trois régimes d’images : la communauté en quête de soi, le sacrifice inaugurateur sans cesse répété, fût-ce sur l’asphalte, et la lumière, c’est-à-dire l’image pour elle-même. La représentation tragique de la mort, si fréquente, signale que, dans notre cinématographie, l’on meurt souvent entouré par le groupe, ou en son nom, ce qui est logique, car l’objet de l’image cinématographique n’est pas « seulement la représentation que les hommes se donnent d’eux-mêmes, mais surtout le mode de leurs rapports, médiatisés par cette image ». Or, malgré que notre société se croie laïque, son cinéma témoigne du reliquat profond, mythique au sens fort (comme élément producteur de contenu et de signification), du catholicisme dont il reprend le mystère fondamental, à savoir la Passion du Christ. L’écran existe ainsi comme lieu où se joue la scène d’une croyance partagée dont l’enjeu est la communauté elle-même. On ne verra plus les films de la même manière une fois qu’on aura suivi Étienne Beaulieu, professeur à l’Université de Winnipeg et membre du collectif Contre-jour, dans son parcours du cinéma québécois. Et l’on comprendra pourquoi l’accueil critique à certains de nos films diffère selon qu’ils sont commentés hors de leur creuset culturel ou au sein de la communauté dont ils sont issus.

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